Ain’t no Jesus Freak

by Jean GLOB

« Je ne me suis jamais senti très à l’aise avec les gens qui parlent de leurs sentiments pour Jésus-Christ, ou toute autre déité d’ailleurs, parce qu’ils ne sont généralement pas très malins… Ou peut-être « stupides » serait plus approprié ; mais je n’ai jamais senti l’utilité de charrier brutalement les imbéciles ou les Jesus Freaks, tant qu’ils ne m’emmerdent pas. Dans un monde aussi bizarre et cruel que celui que nous nous sommes bricolé, j’imagine que quiconque parvient à trouver la paix et le bonheur personnel sans rouler les autres mérite qu’on lui foute la paix. Ils n’hériteront pas de la terre, mais moi non plus… Et j’ai appris à vivre, pour ainsi dire, avec l’idée que je ne trouverai jamais la paix ni le bonheur. Mais tant que je sais qu’il y a une assez bonne chance de mettre la main sur l’un ou l’autre de temps en temps, je ferai de mon mieux entre les grands moments. »

Hunter S. Thomson, Rolling Stone, n° 214, 3 juin 1976