And the winner is …

by Jean GLOB

« Le festival de Cannes »
Comme ça sonne doux à mes oreilles

Je me fous des robes, des paillettes, de bidule enceinte qu’est pas venue avec son officiel mais avec-le-mari-de-sa-meilleure-copine-de-tournage.
Je me fous du champagne, des soirées baron vs cannes, je me fous des Ferraris, des pass-croisettes, des accréditations, des entrées, des avants premières, des projos presses, des déambulations nocturnes de machin, je me fous de l’opinion d’illustres critiques grisés par un ciel d’azur ou une connerie consanguine.

Nan, moi ce que j’aime, c’est le résultat.
Je m’agite, je cogite, je pronostique.
Qui va avoir quoi, et par qui et pourquoi.
Tout est politique paraît-il.
Quoi qu’il en soit, la liste officielle des heureux élus sera dévoilée le 14 avril.
En attendant on mange les miettes.
Président du jury : Robert de Niro.
Président d’Un Certain Regard : Emir Kusturica
Film d’ouverture : Midnight in Paris de Woody Allen.

Après, tout n’est que supputation.
Et, à Cannes tout est possible.
Des films attendus ne sont pas sélectionnées, faute de temps, de problèmes de montage, de désaccords … Des films inattendus sont finalement projetés (voire primés), de grands réalisateurs sont hués, des starlettes sont élevées au rang d’actrice, des acteurs sont ignorés, etc, etc.

Cannes, c’est un peu comme une grande foire, un grand cirque de 11 jours avec un bouquet finale digne des meilleurs show de Pinder.
1994, palme d’or pour Tarantino et son Pulp Fiction. Cacophonie. Une femme hurle « quelle daube » regards gênés, et au final un beau doigt d’honneur.
1999, palme d’or pour Rosetta des frêres Dardenne, tièdes applaudissements, déchaînement de sifflets et circonspection à la sortie.
1989, palme d’or pour Steven Soderbergh, 26 ans, et son Sex Mensonge et Vidéo, les journalistes frôlent l’apoplexie.
1990, palme d’or pour Sailor & Lula de David Lynch, et rebelote, huées et tutti quanti.
Et, la meilleur bravitude ? Maurice Piallat, sans doute.
Palme d’or 1987, Sous le soleil de Satan, sous les sifflets Piallat brandit le poing et lance son fameux « vous ne m’aimez pas (…) »
Enfin, l’essentiel demeure : le cinéma, et le bon. Le plus souvent.

Bon, et donc cette année ?
Les rumeurs vont bon train
Y’aura des grosses pointures, paraît-il.
Gus Van Sant (Restless), Brillante Mendoza (Captured), Nanni Moretti (Habemus Papam), Lars Von Trier (Melancholia), les frêres Dardenne (Le gamin au vélo), Aki Kaurismaki (Le Havre), Pedro Almodovar (El piel que habito), Wong Kar Wai (The Grandmasters), Hou Hsia Hsien (The Assassin) …
Et vlan, le meilleur pour la fin, The Tree of Life de Terrence Malick.
Un des films que j’attends avec le plus d’impatience,
sortie programmée en même temps que Cannes, à savoir le 18 mai

Alors, comme dirait l’autre
« Viva La Cinema »