Dieu issu de la machine

by Jean GLOB

Buddy Sativa, Deus ex machina, 2010

L’autre jour à la télé, j’ai vu une pub pour une nana de 16 ans qui sort son album. La voix off nous dit « le renouveau du jazz d’aujourd’hui ». Nan, mais franchement, le renouveau ??? L’album est un vague ensemble de reprise de standard de jazz.

Et pendant ce temps là, dans le monde réel, y’en a qui font de la musique, d’la vrai ! Buddy Sativa est de ceux là. Arrivé comme un cheveux sur la soupe sur la scène parisienne, on l’avait pas vraiment vu venir. Bon, c’est pas tout à fait vrai. Copain du beatmaker parisien Onra, il s’est fait remarquer depuis quelques temps déjà en l’accompagnant régulièrement sur scène.  On savait donc que le type avait quelques bonnes affinités musicales. Et puis, on a entendu quelques trucs par ci par là, qui présageait le meilleur. Et donc, fin 2010, paf ! Le type sort son LP, qu’il a entièrement composé et interprété. Une espèce de tuerie jazzy, mélange de son cosmique, africain, électro sur base hiphopienne. Il a tout compris le type.
Cherche pas plus loin … le voilà le renouveau !

Au théâtre ou au cinéma « deus ex machina » c’est l’élément de surprise qui arrive vers la fin et qui dénoue les intrigues en place. L’album de Buddy Sativa porte bien son nom, parce que c’est justement cette chose qui vient surprendre la scène moribonde et légèrement assoupie du jazz actuel. C’est cette espèce de truc qui secoue bien fort, qu’on attendait pas et qui nous laisse bouche bée.