Fatty Girl

by Jean GLOB

La Gisèle elle me dit un matin
« Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? »
Ha non, pardon, je confonds avec la Camille du Mépris.

Chez moi, c’est plus trivial.
Pas de musique dramatique à la Delerue, pas de blonde allongée nue dans l’obscurité, pas de post-coïtum.
Non, la Gisèle ça lui prend comme ça, à jeun le matin, sans prévenir.
Devant son miroir, dans sa culotte noire, c’est comme un mantra, elle s’ausculte le fessier. De dos, de face, de côté.

Mais comme Piccoli, j’ai de la répartie
Quand la Gisèle m’interroge sur son postérieur, je réponds toujours
« Oui, énormément »
C’est un automatisme.

Faut avouer que la Gisèle, elle est fournie du popotin.
Ni vraiment gros, ni vraiment gras.
Le cul est ferme, charnu, potelé, douillet.
Un rembourrage pour l’hiver
Une réserve utile en ces périodes de récession.

Mais l’autre nuit, elle me l’a confié sur l’oreiller
La Gisèle, ce qui l’amuse surtout, c’est d’onduler, de chalouper, de rouler, d’ondoyer, de remuer, de bouger, de dandiner, du fessier.
C’est son atout qu’elle me dit. Sa légende.

Toujours-est il que des fois ça lui prends, comme ça
Son derche lui pose question.
Elle se frotte les hanches, donne des petits coups secs, serre les fesses, bombe la poitrine, se cambre.
Rien n’y fait, l’arrière-train est toujours là. Imposant.

Alors, elle se fait une raison.
Pourquoi cacher sa croupe quand on peut la magnifier.
Et, faire de son gros derrière une fierté.
C’est tout un savoir, paraît-il.

Le skinny jeans ?
Elle a laissé tomber. Pas assez … trop … beurk … j’aime pas … qu’elle me dit.
D’toute façon, elle rentre pas dedans.

Le le – Skinny Jeans

Le le, Skinny Jeans, 2010