Hôtel Chevalier

by Jean GLOB

J’aimerais être un touriste à Paris.
J’aimerais m’y cacher
J’aimerais qu’elle me cherche.
J’aimerais être énigmatique, ne faire que des ellipses.
J’aimerais pouvoir lui dire « je ne serais jamais ton ami, quoi qu’il arrive, jamais » sans que cela sonne faux.
J’aimerais qu’elle m’offre un bouquet de fleur des champs.
J’aimerais qu’elle ai la voix éraillée.
J’aimerais qu’elle s’offre à moi, sans condition.
J’aimerais qu’elle porte des bottes à fermeture éclair,
J’aimerais qu’elle ai les ongles rouges et les doigts délicats.
J’aimerais qu’on regarde ensemble la vue d’un balcon à la nuit tombée.
J’aimerais la couvrir d’un peignoir lorsqu’elle est nue.
J’aimerais boire un Bloody Mary.
J’aimerais avoir un coffre Louis Vuitton, au pied de mon lit.
J’aimerais porter la moustache et être bruns.
J’aimerais sentir la moquette sous mes pieds.
J’aimerais qu’elle ai des petits seins et une culotte transparente.
J’aimerais voir Stalag 17 de Billy Wilder.
J’aimerais dormir dans un lit qui n’est pas le mien
Dans des draps qui ne sont pas les miens.
J’aimerais qu’un groom m’apporte mon repas sur un plateau.
J’aimerais lui faire couler un bain.
J’aimerais que notre dernière nuit soit dans une chambre d’hôtel.
J’aimerais vivre dans le fantasme d’un palace parisien durant un mois.
J’aimerais fuir, comme dans un film de Wes Anderson.

C’est le jour, le rêve est finit,
Il est 09h30, G. m’attends, on prends le métro.
G. dit « Tu veux manger quoi ce soir ? »
Fin.

Wes Anderson, Hôtel Chevalier, 2007