There Will Be Donald Duck

by Jean GLOB

On s’est extasié sur There Will Be Blood. Oui, oui, extasié. Le film a raflé pas mal de bon prix à l’époque, surtout grâce à la « fââââbuleuse » interprétation de Daniel Day Lewis. Oscar du meilleur acteur, Golden Glob et Ours d’Argent à Berlin pour Paul-Thomas Anderson. C’est vrai que le film est bon, non seulement pour sa réalisation (personnellement Magnolia et Punch Drunk Love m’avaient laissé de marbre, j’avoue préférer Boogie Night mais c’est p’être plus par son sujet que par sa mise en scène) mais aussi pour son scénario, ses acteurs, sa musique, ect.
Bref, un film complet et majestueux. Mais ce qui marque c’est l’interprétation viscéral de Daniel Day Lewis, une fois de plus. Il hurle, vocifère, crache, sue, postillonne. Un jeux hystérique qui donne toute son ampleur au personnage arriviste et dangereusement paranoïaque de Daniel Plainview. Le film atteint alors une forme de violence sourde et malveillante, un mal qui gangrène tout. De toute façon on est prévenu, il va y’avoir du sang et en effet le film se termine sur une note particulièrement sanglante.
Ce qui sers le film est aussi ce qui fait qu’on peut en rire. C’est toujours bon d’ironiser, histoire de désacraliser un peu le côté « too much » de ces acteurs (trop) doués. Alors le jeu hystérique de Daniel Day Lewis à son paroxysme, dans cette fameuse scène finale, singé par la voix de Donald Duck, il m’en fallait pas plus. Ça te parait ridicule, débile, grotesque, sans intérêt ? Et pourtant… Tu peux recommencer, ça marche à tous les coups. Et j’me marre, encore et encore. Et puis voilà, maintenant j’me reverrais bien There Will Be Blood.