23.05.2012

by Jean GLOB

Non, ceci n’est pas la date d’une apocalypse prochaine. Ces choses là, je préfère ne pas y penser.

J’ai jamais aimé les prédictions, encore moins les prophéties. Ni les certitudes, finalement. Par contre, si il y a une chose dont je suis sûr, ou quasiment, c’est de mon emploi du temps du 23.05.2012.

Ce sera un mercredi. Il fera beau. Le soleil se lèvera à 05h59 et se couchera à 21h37. Ce sera la Saint Didier. Nous serons le 144eme jour de l’année, la 21eme semaine. Ce sera le premier croissant lunaire. Les enfants n’iront pas à l’école. Chez moi, il restera quelques brins de muguets pourrissants lentement dans un vase, sur la table. On aura un nouveau président et l’été sera proche.

Nanni Morretti président du 65ème festival de Cannes entamera son 7eme jour de festival. Ce mercredi là, il assistera à la projection de Cosmopolis, le dernier né de David Cronenberg. La montée des marches sera annoncée comme un évènement. Des filles transpireront sous le soleil cannois en attendant leurs idoles. Et, soudain, la croisette résonnera des cris de pucelles hystériques. Robert Patinson, premier rôle du film, sera attendu.

Enfin pour moi, comme pour toi, l’important n’est pas là.

J’ai toujours eu un (gros) faible pour les films du canadien. Un attachement si particulier que Cronenberg est un des seuls réalisateurs pour lequel je paye encore ma séance de cinéma.  Je ne vais pas me lancer ici dans un éloge du cinéma cronenbergien ou dans une réflexion sur la mutation des chairs en place depuis Shivers ou dans une analyse rébarbative des films du canadien mais, sache-le, Cronenberg est pour moi synonyme de grande qualité cinématographique et j’avoue ici, à la face de l’internet mondial, que la bande annonce de Cosmopolis m’a fait l’effet d’une petite bombe. Et, bon sang, ça faisait longtemps. Alors, oui je m’enthousiasme d’un rien, oui j’ai eu des frissons, oui je trépigne d’impatience, oui je jubile, oui j’ai hâte et oui je serais même prêt à m’asseoir au milieu d’un rang à côté d’inconnus pour voir ce film sur grand écran, oui oui oui oui.

Car, après un petit détour chez Freud et tous ses petits copains, qui m’avait laissé un petit goût de frustration (le jeu de Keira Knightley étant pour beaucoup dans mon désappointement face à A dangerous Method) Cronenberg semble faire un retour à ses vieux fondamentaux et livre une bande annonce qui laisse penser à Crash, Naked Lunch, VidéodromeExitenz, Dead Ringer, The Fly…

Encore une fois le réalisateur a fait appel à des acteurs français (Mathieu Almaric et Juliette Binoche) et, lucky nous, la Cotillard ne sera pas de la partie. Déjà qu’elle tourne chez James Gray (pour celui là aussi je paye ma place) elle va pas toujours parasiter de ses yeux globuleux toutes les bonnes productions.

TRAILER: ‘Cosmopolis’, Robert Pattinson Has A Day In The Life Of A Billionaire: ENTV

David Cronenberg, Cosmopolis, 2012

Il y a un autre auteur canadien, enfin plutôt québécois, que j’affectionne et là aussi la bande annonce m’a laissé pantois. Dans un style radicalement différent et d’une autre génération de cinéaste, le tout jeune Xavier Dolan va livrer, lui aussi, son dernier opus courant mai. Et, ce troisième long métrage devrait également figurer dans la sélection officielle du festival. Une première pour ce canadien là qui jusqu’à présent avait été sélectionné à La Quinzaine des Réalisateurs et Un Certain Regard.
Et, là aussi, le Cocorico est de mise puisqu’on retrouve Melvil Poupaud, peu présent (ou boudé) des écrans français et Nathalie Baye, que l’on n’avait pas vu dans un projet aussi enthousiasment depuis … depuis longtemps donc.

LAURENCE ANYWAYS : bande-annonce officielle

Xavier Dolan, Laurence Anyways, 2012

Si le Glob prophétise (!?) et si prédictions il y a, alors disons qu’à défaut d’une palme d’or cannadienne, le festival sera sous le signe du Canada. Ce qui est rare. Et, finalement, pas plus mal.
Parions donc que finalement il pleuvra ce jour là, et que moi, j’irais au cinéma. Peut-être même deux fois.