Ceci est l’histoire d’un homme marqué par une image d’enfance.

by Jean GLOB

La Jetée fait partie de mon panthéon. Un de mes films préférés. Une de mes oeuvres favorites. Je l’ai vu et revu encore. Chaque fois, le même enthousiasme, les mêmes émotions, le même frisson.

J’ai tout aimé. Tout à la fois. La musique de Trevor Duncan, les chuchotements de la bande son, cette histoire simple (où chacun peut trouver une résonance) cette narration d’une voix monocorde, le récit tragique d’un homme, marqué par ses souvenirs, coincé dans son passé, un amour impossible, la perte, la mort, la troisième guerre mondiale, et surtout ce défilement d’images fixes, baignées par un magnifique et profond noir et blanc, interrompue un bref instant par un subtil mouvement, le moment où l’on comprend toute la poésie et la plénitude du sentiment amoureux.
Alors oui j’ai été entièrement conquis, complètement captivé, tant le court-métrage de 1962 me paraissait d’une grande beauté mais surtout d’une grande contemporanéité.

Et aujourd’hui, je me souviens de la première fois. Je suis resté longtemps, après la fin du générique, dans une sorte d’inertie et un temps fut nécessaire pour que je sorte du film. Il m’a paru, ce soir là, avoir vu une forme d’oeuvre absolue, complète, merveilleuse. C’est ce que l’on appelle, il me semble, du génie.

Aujourd’hui, Chris Marker n’est plus.
Ses films demeurent.