Fantaisie Impromptue (& Métropolitaine)

by Jean GLOB

Ayant une aversion, plus que prononcée, pour le métropolitain parisiens (et tout autres réseaux ferrés souterrains dans toutes les villes de la surface du Glob terrestre) je ne m’aventure que très rarement, et uniquement si c’est ABSOLUMENT nécessaire, dans les dédales de ces fameuses lignes ferroviaires.

Je n’aime guère être sous terre, je n’aime point avoir trop chaud, ni être collé à une vitre ou pire, à d’autres individus humains. Etre enfermé m’est insupportable, j’étouffe, je suffoque, je blêmis, transpirant un peu plus mon angoisse parisienne. De bon matin toutes ces odeurs de souffre, de pisses, de transpirations, d’haleines fétides, de nourritures, d’humidité, me donne la nausée alors le soir je rentre à pied. J’aime pas les touristes avec leurs grosses valises, j’aime pas les gens qui vomissent juste devant moi, j’aime pas les portes automatiques qui se referment durement. J’aime pas, c’est comme ça. Oui, j’aime rien.

Alors certes il vrai  que je suis un gros râleur, mais, rassures-toi, pas uniquement.

Parce que y’a un truc que j’aime bien, c’est le violoncelle. Oui, je confesse, depuis fort longtemps déjà, mon gout pour cet instrument aux sonorités graves. Un intérêt, somme toute sentimental, que je tiens de mon paternel. Mais, nul moment de m’épancher pour moi et pour toi, ô fidèle lecteur, je te fais grâce d’un revival œdipien. Aussi, concentrons nous sur la pépite du jour.

Il y’a un homme de l’autre côté du monde qui passe une partie de ses journées dans son Subway à lui. Et pour ça, je l’admire déjà. Mais sa glorification express ne s’arrête point là. Une fois dans le métro, cet homme s’installe sur un banc, et au vu et au su de tous, il enfourche son violoncelle, le cale entre ses cuisses, pose son archet sur ses cordes et se met a jouer. L’homme est beau et il s’appelle Royal, c’est comme une évidence mais ça c’est trop facile. Seul, il joue dans une indifférence général. L’homme est gracieux, il se tient droit, il pince ses cordes et entame sa ritournelle. Les métros défilent, le quai se remplit, se vide dans un rythme régulier, des talons résonnent, certains s’arrêtent, d’autres, plus pressés accélèrent. Et l’homme, lui, impassible face à son micro continu, il joue encore et toujours. Et, c’est beau.

J’en viendrais presque à avoir envie de prendre le métro. Mais uniquement celui là alors.
Mais pour cela il faudrait que je traverse l’atlantique et ça, c’est une autre histoire.
(Oui, parce que j’aime pas l’avion aussi).

Gabriel Royal – On Again Off Again Friend (extended version)

Gabriel Royal
25 avril 2012
« On Again Off Again«