Ligne. De. Fuite.

by Jean GLOB

Il y a quelques jours, alors que j’avais (encore) envie de dépenser (tout) mon pognon, je me suis offert un beau livre traitant de la vie et l’oeuvre du plus britannique des réalisateurs américains, Stanley Kubrick.

Alors, le soir pour m’endormir, je lis.

J’en suis au tout début de sa vie. Il a 16 ans. C’est un jeune photographe de Look explorant les rues du Bronx et s’essayant à d’audacieux courts métrages.
Déjà on perçoit cet attachement pour une esthétique forte et singulière. Un univers qu’il développera au cours de ses treize longs métrages.
Un univers qui m’a subjugué, souvent, laissé perplexe, parfois, mais qui m’a toujours interloqué.
Le personnage même de Kubrick, et les nombreuses rumeurs courants sur sa personnalité, m’a toujours intrigué.
Il faut dire que l’homme aimait joué du mystère et de la discrétion.
Enfin, tout ceci faisant que son travail exerce sur moi une certaine fascination.

Et, l’autre jour, par un heureux hasard, je suis tombé sur cette vidéo.
Un montage méticuleux de scènes tirées de huit films de Kubrick. Une belle articulation visuelle autour du gout prononcé du cinéaste pour une composition symétrique de ses plans. Et toujours et encore, inlassablement cette perspective centrale écrasante.
La récurrence d’une belle ligne de fuite.
Une fuite en avant, tout droit vers le néant, le rien, l’absence, la solitude, la folie, le destin, la perte, la mort, le vide.

Une seule chose me chiffonne.
Pourquoi ce choix de musique de Clint Mansell. (Oui, pourquoi hein ? ) Une musique, tel un parasite, qui fait surgir immédiatement des souvenirs (désagréables pour ma part) d’un autre film, Requiem For A Dream.

Enfin, bref, tout ceci donne follement envie de se (re)plonger dans l’oeuvre du cinéaste.
Oui, parce que la dernière fois que j’ai vu Shinning, c’était dans une chambre de bonne sous les toits, sur une petite télé et avec un magnétoscope.

Kubrick // One-Point Perspective

By Kogonada