Quand les Jackson shot the sheriff

by Jean GLOB

A l’orée de mes 11 ans, je me suis mis à écouter Bob Marley. Comme ça, en passant. Je me suis acheté un CD. J’étais content. Nouvelle acquisitation, sacrifice de quelques semaines d’argent de poche. Ça faisait bien dans ma chambre, en évidence, histoire d’impressionner les filles. J’étais pas peu fier.

Soyons honnête, ma lubie (passagère) du Jamaïcain n’était pas dû au hasard. Chez ma soeur trônait au centre d’un mur un poster de l’homme aux dreadlocks. Et ma grande soeur, avec sa petite bande, elle faisait partie des cools de son lycée, à peine si elle m’adressait la parole. Je me souviens, encore ému, lorsqu’elle et ses copines passaient la porte.
Mais, arrivé un moment, Bob Marley ça m’a gonflé. Trop mou, trop gnangnan. J’avais envie de bouger, de danser. J’étais tout excité. Tout le temps. Les hormones certainement. Et puis faut dire aussi que tout mes efforts pour attirer l’attention des filles cools se sont toujours avérés vains. Alors, j’ai fait un rejet. Total. La rébellion, 15 ans, tout ça. Finis l’influence, bonjour l’indépendance. Alors, oui j’ai tâtonné, beaucoup. Période ingrate comprise. Et puis j’me suis trouvé.

Me voilà, quelques années plus tard. J’ai oublié Bob Marley et tous ses copains. Je me suis consacré à d’autres passions, bien moins éphémères. Et, bim, quand je m’y attends le moins, v’là que l’adolescence me rattrape. Sous une forme déguisé, Bob Marley, est revenu dans ma vie. Et, franchement je le préfère largement ainsi.

Jackson 5 – I shot the sheriff – 1977

Jackson 5, I Shot the Sheriff, 1977
(A 2mn, j’ai presque joui dans mon caleçon)