Sunburn !

by Jean GLOB

Joel Sternfeld, Nags Head, Caroline du Nord, 1976

« J’ai attrapé un coup de soleil, un coup d’amour un coup de je t’aime »

Oui, il fait bon, parfois, parler météo.

J’suis tout rouge
D’un rouge incandescent
Le signe d’un amour imminent

La serveuse, celle de la terrasse, elle me fait signe.
Avec sa carnation carnassière je sens qu’elle m’appelle, avidement
Enfin, je crois.
Et, au moindre rayon de soleil
Je cours chez elle.

« Je dors plus la nuit »
Si c’est un rêve, t’es super belle.
Je te vois toute nue sur du satin
Et j’en dors plus »

Mais elle, à force de parader sur sa terrasse
Elle est devenue encore plus rouge que moi
Et j’ai beau lui déclamer du Cocciante
Elle m’ignore toujours plus ostensiblement.
Un dédain qui empourpre plus encore ses joues déjà fardées de rouge,
et qui obscurci ses yeux entartrés de bleu.

Et lorsque la température monte d’un cran
La serveuse dénude aussitôt ses épaules bien carrés
et laisse apparaître la pire des démarcations.
Le trait est net, précis.
Un frein à toutes mes montées d’hormones.
Un terme à tous mes fantasmes.

Car à cet instant précis, je fuis.
Et je me dis que décidément, les serveuses, ça ne supportent pas les journées ensoleillés.
Et qu’il est temps, vraiment, de foutre le camp.

On A Sunny Day
Al Quetz aka Quetzal